| Jonas Moulenda, journaliste gabonais |
Journaliste
engagé, grand reporter à Echos du Nord, Jonas Moulenda est devenu
gênant pour le pouvoir gabonais. Un peu trop ! Depuis qu’il se fait
volontiers l’écho des « injustices et malversations » du pouvoir Bongo. Les
multiples arrestations et autres intimidations n’ayant pas eu d’effet
sur le journaliste déterminé, une décision radicale a été prise. Celle
de mettre fin à sa vie ! Le film d’un assassinat manqué, raconté par un
Jonas Moulnda qui revient de loin.
«J'ai vécu un véritable cauchemar ce samedi à la mi-journée à Kye-Ossi, une ville camerounaise frontalière avec le Gabon et la Guinée-Equatoriale.Exfiltré de Libreville après une alerte rouge faisant état de l'imminence de mon assassinat par le pouvoir, j'ai rallié nuitamment la province du Woleu-Ntem et le Cameroun.
Mais c'était sans compter avec la détermination de mes bourreaux. Le pouvoir, informé de mon déplacement par des services de renseignement, a dépêché son lampiste -maison Alfred Nziengui Madoungou pour me filer, me rattraper et m'abattre.
Une seconde alerte m'a été donné par une bonne volonté, qui m'a informé que le GPS m'avait repéré à hauteur de Ndjolé et qu'il fallait éteindre tous mes téléphones portables et retirer les batteries.
Nous avons dû rouler à 120 km/h pour ne pas être rattrapé par nos poursuivants, conscients qu'ils tueraient tous les occupants du véhicule. Roulant à toute biture, nous avons failli faire un accident à une dizaine de kilomètres d'Oyem.
Cela nous a amenés à marquer un arrêt dans le chef-lieu de la province du Woleu-Ntem pour y attendre le lever du jour. A 9h, nous avons repris notre chemin en direction du Cameroun. Nous avons atteint la ville de Kye-Ossi à 12h20 et avons décidé d'y passer la nuit.
Les deux personnes qui m'ont aidé à quitter le territoire gabonais m'ont accompagné à l'hôtel Saratel pour que j'y prenne une chambre. Après avoir rempli les formalités, je les ai raccompagnées au parking où je leur ai fait mes adieux.
Une fois mes deux accompagnateurs partis, je me suis résolu à aller me reposer un tant soit peu dans ma chambre. Quel n'a pas été ma surprise de me retrouver nez à nez avec Alfred Nziengui Madoungou et onze de ses proches venus à bord de deux véhicules ?
Pris de panique, j'ai appelé au secours les agents de sécurité de l'hôtel. À la vue de ces derniers, Nziengui Madoungou et ses sbires ont détalé. La police alertée, s'est lancée à la poursuite des douze fugitifs.
Ces derniers ont réussi à traverser la frontière grâce au titre de conseiller de président de la République brandi par Madoungou. Arrêtés à Oyem, à la suite de l'alerte donnée par les autorités de Kye-Ossi, les lampistes ont été libérés à la suite d'un coup de fil de la présidence de la République gabonaise.
L'enquête ouverte par la police de Kye-Ossi a permis de savoir que Nziengui Madoungou s'est proposé d'acheter le couteau baillonnette d'un des vigiles de l'hôtel Saratel dans le dessein de commettre son crime pour laisser croire que c'est le vigile qui m'a assassiné à l'aide de son outil de travail.
Le réceptionniste de l'hôtel a indiqué que Nziengui Madoungou lui a proposé une forte somme et un travail décent au Gabon, en échange de l'accomplissement de la mission funambulesque. Mais le jeune homme a décliné l'offre.
Devant les menaces qui pèsent sur ma personne, le commissaire de la sécurité publique de la ville de Kye-Ossi et le commissaire de la frontière locale m'ont fait partir de cette ville sous escorte policière pour une autre localité plus sécurisée. J'y passe la nuit sous une grande protection.
La tentative d'assassinat ayant été faite en terre camerounaise, le patron de la police du Cameroun a décidé de saisir Interpol afin que Nziengui Madoungou soit rattrapé et conduit au Cameroun.
Depuis deux semaines, j'ai été informé que l'intéressé avait été chargé par le pouvoir de m'abattre avant que je ne quitte le territoire national. Il s'agit d'un contre-feu devant ma décision de me rendre en France.
Le régime d'Ali Bongo craint que je n'y aille exposer ses crimes abominables dans les médias en France. Alfred Edmond Nziengui Madoungou commet des crimes rituels au profit du pouvoir. C’est ce qui explique l'impunité dont il bénéficie.»
La Régionale
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«J'ai vécu un véritable cauchemar ce samedi à la mi-journée à Kye-Ossi, une ville camerounaise frontalière avec le Gabon et la Guinée-Equatoriale.Exfiltré de Libreville après une alerte rouge faisant état de l'imminence de mon assassinat par le pouvoir, j'ai rallié nuitamment la province du Woleu-Ntem et le Cameroun.
Mais c'était sans compter avec la détermination de mes bourreaux. Le pouvoir, informé de mon déplacement par des services de renseignement, a dépêché son lampiste -maison Alfred Nziengui Madoungou pour me filer, me rattraper et m'abattre.
Une seconde alerte m'a été donné par une bonne volonté, qui m'a informé que le GPS m'avait repéré à hauteur de Ndjolé et qu'il fallait éteindre tous mes téléphones portables et retirer les batteries.
Nous avons dû rouler à 120 km/h pour ne pas être rattrapé par nos poursuivants, conscients qu'ils tueraient tous les occupants du véhicule. Roulant à toute biture, nous avons failli faire un accident à une dizaine de kilomètres d'Oyem.
Cela nous a amenés à marquer un arrêt dans le chef-lieu de la province du Woleu-Ntem pour y attendre le lever du jour. A 9h, nous avons repris notre chemin en direction du Cameroun. Nous avons atteint la ville de Kye-Ossi à 12h20 et avons décidé d'y passer la nuit.
Les deux personnes qui m'ont aidé à quitter le territoire gabonais m'ont accompagné à l'hôtel Saratel pour que j'y prenne une chambre. Après avoir rempli les formalités, je les ai raccompagnées au parking où je leur ai fait mes adieux.
Une fois mes deux accompagnateurs partis, je me suis résolu à aller me reposer un tant soit peu dans ma chambre. Quel n'a pas été ma surprise de me retrouver nez à nez avec Alfred Nziengui Madoungou et onze de ses proches venus à bord de deux véhicules ?
Pris de panique, j'ai appelé au secours les agents de sécurité de l'hôtel. À la vue de ces derniers, Nziengui Madoungou et ses sbires ont détalé. La police alertée, s'est lancée à la poursuite des douze fugitifs.
Ces derniers ont réussi à traverser la frontière grâce au titre de conseiller de président de la République brandi par Madoungou. Arrêtés à Oyem, à la suite de l'alerte donnée par les autorités de Kye-Ossi, les lampistes ont été libérés à la suite d'un coup de fil de la présidence de la République gabonaise.
L'enquête ouverte par la police de Kye-Ossi a permis de savoir que Nziengui Madoungou s'est proposé d'acheter le couteau baillonnette d'un des vigiles de l'hôtel Saratel dans le dessein de commettre son crime pour laisser croire que c'est le vigile qui m'a assassiné à l'aide de son outil de travail.
Le réceptionniste de l'hôtel a indiqué que Nziengui Madoungou lui a proposé une forte somme et un travail décent au Gabon, en échange de l'accomplissement de la mission funambulesque. Mais le jeune homme a décliné l'offre.
Devant les menaces qui pèsent sur ma personne, le commissaire de la sécurité publique de la ville de Kye-Ossi et le commissaire de la frontière locale m'ont fait partir de cette ville sous escorte policière pour une autre localité plus sécurisée. J'y passe la nuit sous une grande protection.
La tentative d'assassinat ayant été faite en terre camerounaise, le patron de la police du Cameroun a décidé de saisir Interpol afin que Nziengui Madoungou soit rattrapé et conduit au Cameroun.
Depuis deux semaines, j'ai été informé que l'intéressé avait été chargé par le pouvoir de m'abattre avant que je ne quitte le territoire national. Il s'agit d'un contre-feu devant ma décision de me rendre en France.
Le régime d'Ali Bongo craint que je n'y aille exposer ses crimes abominables dans les médias en France. Alfred Edmond Nziengui Madoungou commet des crimes rituels au profit du pouvoir. C’est ce qui explique l'impunité dont il bénéficie.»
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