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mardi 8 juillet 2014

Démolition des quartiers précaires : Des agents municipaux rackettent les populations




Dans le souci de nous rendre compte de l'effectivité de la décision du gouvernement de démolir les zones à risque dans les quartiers précaires, nous nous sommes rendues, le lundi 7 juillet 2014, à Mossikro. Un quartier précaire qui a enregistré le plus fort taux de décès liés aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur le district autonome d'Abidjan. 



 S'il est à noter que l'opération gouvernementale de démolition n'est pas encore effective, les populations sont cependant confrontées à une situation qui les laissent perplexes. Selon des riverains que nous avons interrogés dont Cissé Tahourou, propriétaire d'une concession à Mossikro, ils sont sujets à un racket de la part des agents municipaux, depuis l'annonce faite par le gouvernement de raser certaines zones de ce sous quartier d'Attécoubé. De fait, s'appuyant sur une mesure prise par le maire d'Attécoubé, Danho Paulin, de perforer, d'enlever le toit, les portes et les fenêtres de certaines maisons construites sur des flans, des agents municipaux, chargés de l'opération, s'engraissent les pattes. « Des agents municipaux commis pour détruire les zones à risque font du chantage à certains propriétaires. Ils demandent entre 20.000 et 25.000 F Cfa pour fermer les yeux sur des maisons qui devraient pourtant être démolies. Ceux qui ne sont pas en mesure de donner la somme exigée, n'ont que leurs larmes pour pleurer», a dénoncé Cissé Tahourou qui dit épouser la mesure prise par le gouvernement de raser les zones à risque. Selon lui, il faudra que cette fois-ci, le gouvernement puisse prendre ses responsabilités, pour éviter à ce quartier, les drames qu'il connaît pendant la saison des pluies. Idem pour Koffi Jean François qui, tout en saluant la décision, demande que le gouvernement trouve un site à tous ceux qui seront concernés par l'opération de déguerpissement. En faisant cette proposition, il faisait allusion aux propos du ministre de la Construction, du logement, de l'assainissement et de l'urbanisme, Mamadou Sanogo. Le ministre, dans le cadre du soutien financier du gouvernement aux familles sinistrées lors des éboulements et des inondations, avait annoncé que 850 ha de terrains sont prévus pour la construction de Logements à moyens modérés (Lem) pour les personnes démunies.

source: Soir Info

Reportage exclusif, Sur la route de l’émergence: Tirer leçons des autres




Douze ans après la guerre, les mutilations causées par la rébellion de Foday Sankoh, la Sierra Leone renaît.  Comment tirer leçons des autres?

Dans moins d’un an, la Côte d’Ivoire va affronter l’échéance la plus capitale de son histoire, la présidentielle, après surtout les tristes périodes de 2010.
Effacera-t-elle les tristes évènements du coup d’Etat de décembre 1999 qui ont porté, pour la première fois, depuis son histoire, la violence dans ce pays si paisible? (Il le faut); la rébellion de septembre 2002, avec son cortège d’atrocités ? (il le faut, encore) ; déchirera-t-elle les pages rouges du sang des frères et sœurs tombés, pauvres innocents, lors de la crise post-électorale? Il le faut, enfin. Pour la Côte d’Ivoire.
J’ai vu, comme un étranger de passage, pas tout (on ne voit pas tout en une semaine) un peuple au travail, du moins, Freetown. Un vaste chantier. Riche de promesses. Parce que la paix y est revenue. Mais suffit-elle ? Oui et non.
Oui, parce qu’elle permet d’attirer des investisseurs sur ce petit paradis sur terre – les affaires n’aiment pas le bruit, surtout celui des bottes et les vociférations des peuples en furie – et de remobiliser, comme un seul homme, toute la sueur des dos unis au travail, l’énergie des fils du terroir pour la reconstruction nationale. Et les signes sont là qui ne trompent guère le visiteur. Pour utiliser une expression bien ivoirienne, « l’argent travaille » ; il va circuler après, si le peuple sait être patient pour récolter les fruits de cette embellie qui aurait pu être présente s’il n’y avait pas eu ces années de guerre. Des années de gâchis. Et Freetown, je veux dire la Sierra Leone, veut rattraper, nous semble-t-il, le temps perdu dans des palabres inutiles. C’est un pays en chantier et au travail ! Comme en Côte d’Ivoire.
Non, parce que la Sierra Leone, comme tous les peuples qui ont connu la guerre, a certes fait le bilan des années de gâchis, mais elle affronte son pire « monstre » que la guerre a conçu : les enfants de la guerre qui ont, aujourd’hui, 25, 30 ans ou même plus et qui, trivialement, « se cherchent ». A l’image des enfants des crises ivoiriennes.
Ils sont dans la foule grouillante de Lumley, Spur, Loop, Campbell Street, Regent, Kissy, etc. Soif de vivre !
Désarmer ou démobiliser une bonne fois pour toutes leurs cœurs n’est pas une mince affaire, c’est pire qu’un apostolat, un véritable parcours du combattant ; les resocialiser non plus, n’est pas aisé. Encore moins les caser quelque part où ils puissent se trouver une occupation saine, surtout que les bancs de l’école n’ont jamais été, pour la plupart d’entre eux, un espace fréquenté.
Sans instruction, éduqués et entraînés pour tuer, quelle(s) solution(s) s’offre(nt) à ces enfants qui ont grandi anormalement?
Ils sont dans les quartiers et rues où il y a peu de place pour la morale. « Ils font presque tous les taxis-motos et n’ont de respect pour personne. Mais une chose est sûre, en matière de sécurité, on n’a pas à se plaindre, ici. », me rassure un compatriote ivoirien, Sylla Passekonan, traducteur-interprète Cedeao. Avant d’ajouter : « Mais, mais… »
Sans famille, dans le monde de la débrouillardise, ils sont plein de générosité, mais, en même temps, plein de violence parce que la vie ne leur a pas fait de cadeau. Ce sont, dans nos capitales, des bombes à retardement, des énergies explosives qui constituent, hélas, la majorité des populations.
« Man, war is no good… Have you finished fighting in Côte d’Ivoire? » (La guerre n’est pas bonne. Aviez-vous fini de vous battre en Côte d’Ivoire ?) Dans un anglais approximatif, le Krio, une créolisation de l’anglais, John P… cherche à m’expliquer ce que je comprends… difficilement. Le regard tourné vers l’océan, il semble réfléchir sur l’immensité de la tâche née de ce gâchis qu’a été la guerre en Sierra Leone, ce petit paradis sur terre. C’est tout cela qu’eux, tout comme nous, devons gérer. Sans compter aussi les victimes de la guerre.
Déjà, en 2013, 11 ans après la guerre, lit-on dans un quotidien de la place, Premier News, un article intitulé « War Victim Cries For Reparation ». Alpha Bagali, rendu complètement aveugle par les rebelles du Ruf et ses deux filles, 12 et six ans, criaient leur famine.
Vers la fin de la guerre, en 2000, en effet, la Truth and Reconciliation Commission (TRC), sous l’ex-Président Alhaji Dr. Ahmad Tejan Kabbah, a recommandé, dans son rapport final, de dédommager les victimes de guerre. 11 ans après, c’étaient, hélas, plus de 50% d’entre elles, selon le même quotidien, qui n’avaient pas encore été dédommagés.
Gérer l’après-guerre est donc plus difficile que faire la guerre. Saurons-nous tirer leçons des autres ?

La Régionale / Michel Koffi

Emergence à l’horizon 2020 Faut-il rêver avec le chef de l’Etat ?


Le vocabulaire des ivoiriens s’est enrichi depuis l’accession du président Alassane Ouattara au pouvoir en 2011, d’un nouveau mot : émergence. Le chef de l’État nourrit l’ambitieux projet que d’aucuns trouvent d’ailleurs utopique, de faire de la Côte d’Ivoire à l’orée 2020, un pays émergent. Mais au-delà du slogan, que renferme ce thème et quelle appréhension en a l’ivoirien lambda ?

Le président de la république, Alassane Dramane Ouattara jure presque la main sur le cœur depuis qu’il a accédé au pouvoir qu’il fera de la Côte d’Ivoire un pays émergent d’ici à 2020. Cette « obsession » a fait tilt dans les mœurs ivoiriennes puisque « émergence » ou « émergent » sont désormais des mots à la mode dans le vocabulaire des ivoiriens. Au-delà de l’effet de mode, il est bon de se demander si l’ambition de l’économiste et financier Alassane Ouattara est légitime ou réalisable tellement les adversaires politiques du chef de l’État tournent son projet en dérision quand ses fanatiques qui ne jurent que par lui sont persuadés qu’il y parviendra. « Les pays émergents sont des pays dont le PIB (produit intérieur brut) par habitant est inférieur à celui des pays développés, mais qui connaissent une croissance économique rapide et dont le niveau de vie ainsi que les structures économiques convergent vers ceux des pays développés » peut-on lire dans le dictionnaire. Pour faire simple, on va dire que qu’un pays émergent est un pays sous-développé mais qui tend par ses performances économiques notamment vers le développement dont il est à mi-chemin. Cela, contrairement au pays développé. Devenir émergent suppose à priori gagner en niveau de vie grâce à l’amélioration de ses agrégats économiques que sont essentiellement le taux de croissance et le produit intérieur brut (PIB). La question est donc de savoir si la Côte a véritablement les moyens d’atteindre en 6 ans maintenant, ce cap que lui fixe son président. Etienne, tendant vers la quarantaine, titulaire d’un BTS en gestion mais exerçant pour l’heure dans le domaine juridique, n’y croit pas un traitre-mot. Modéré et aux antipodes des militants ultra-nationalistes fervents de l’ancien président Laurent Gbagbo, Etienne est convaincu que le projet du chef de l’État est une gageure, voire un leurre. « Vous êtes vous-même dans ce pays et vous voyez les réalités du terrain, pensez-vous vous-même que cela soit réalisable ? » nous rétorque-t-il avant de décocher une flèche. « Les routes que le régime actuel est en train de construire, ce n’est pas ce que l’on mange et de plus, pour la plupart, ce sont des projets qui datent de l’ère Gbagbo » lâche-t-il au bord de l’exaspération. Mlle Camara Bintou, moins de la trentaine et gérante d’un magasin de pagnes du côté de Yopougon Toits-rouges, n’abonde pas dans le même sens qu’Etienne. «  Adophile » (fanatique du président Alassane Ouattara), elle supplie presque de croire au projet de son champion, persuadée qu’elle est que tout ce que ce dernier se transforme en or. « Bravetchê va y arriver, croyez-moi, il sait de quoi il parle et n’oubliez pas que qu’il est banquier, il sait de quoi il parle » avance-t-elle souriante à souhait. Après s’être mis d’accord sur la définition du PIB, à savoir que c’est la valeur totale de tous biens et services dans un pays donné, au cours d’une année donnée, de la croissance économique qui n’est rien d’autre que la variation positive de la production de biens et services dans une économie sur une période donnée, ainsi que du taux de croissance, autrement dit, le taux de variation du PIB, écoutons Mamadou Koulibaly, économiste, leader de parti politique et ex président de l’assemblée nationale. « Dans le discours actuel, il revient très souvent que le gouvernement ivoirien envisage de partir d’une économie traumatisée, pauvre et très endettée pour arriver à ce qu’il appelle une économie émergente en 2020. Ce discours est sans cesse repris par les différents membres gouvernement au point que certains finissent par le croire … »peut-on lire dans un article publié par AFRIQUE en2013. Et dans lequel il poursuit pour dire que « nombreux sont ceux qui se posent la question de savoir comment leur pays fera pour devenir une économie émergente en 2020, dans 8 ans seulement ? ….elle qui est présentée à l’heure actuelle comme une économie PPTE  (pays pauvre très endetté) ? ». Autant donc dire que l’opposant et professeur d’économie ne croit pas du tout à l’émergence puis qu’il enfonce le clou en affirmant que « sans entrer dans les subtilités, retenons qu’une économie PPTE du genre de la Côte d’Ivoire a terminé l’année 2011 avec un taux de croissance de -5% du PIB alors qu’une économie émergente comme celle de la Corée du sud, par exemple a eu dans la même période un taux de croissance du PIB de 3, 9%. Si la Côte d’Ivoire veut être émergente en 2020, cela veut dire qu’elle se donne 8 ans pour atteindre les performances d’une économie comme celle de la Crée du sud. En un mot, le président de LIDER estime que parler d’émergence en 2020 relève de la propagande et il conclut sa démonstration par « …toujours en se fondant sur l’hypothèse optimiste d’un taux de croissance de 9% en Côte d’Ivoire pour l’année 2012, le modèle mathématique de dynamique économique nous dit qu’il faudrait au moins 20 ans pour être émergent. Soit en 2032. …Il est donc que la société civile et les populations ivoiriennes restent en éveil et demandent des comptes aux dirigeants du pays de manière à ne pas sombrer dans l’attente béate d’un renouveau qui ne repose sur rien. L’émergence ne se décrète pas politiquement, elle se construit économiquement » tranche sentencieux le bouillant Mamadou Koulibaly. Qu’à cela ne tienne, Bamouni Dj ne démord pas pour autant. Toute juste lettrée, elle a une foi inébranlable en l’avenir avec Ado et pour elle il ne faut retenir qu’une chose par émergence : la richesse qui s’annonce pour bientôt. A la vérité, les mentalités doivent y être pour quelque chose pour atteindre le niveau des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud) dans l’émergence. Et les paroles de Venance Konan plaident dans ce sens lorsqu’il fait allusion à l’impératif de la bonne gouvernance. S’extasiant devant les infrastructures marocaines et citant un de ses interlocuteurs lors d’un voyage au Maroc, il avance « il ne faut pas rêver. Il y a les pays d’Afrique du nord, qui jouent peut-être dans la même équipe que l’Afrique du Sud d’un côté, et nous de l’autre côté …. Si nous voulons vraiment prendre le chemin de l’émergence, et si nous voulons vraiment y arriver en 2020, nous avons intérêt à mettre le paquet sur l’éducation dès maintenant….il faudra comme on le fait au Maroc (qui n’est pas encore émergent NDLR) que nous donnions envie aux investisseurs de choisir notre pays plutôt qu’un autre… ».

La Régionale / Touré Arouna

lundi 7 juillet 2014

Forum Forbes Afrique 2014: Pour une modélisation endogène de la bancarisation en Afrique !

    
    Au total, 23 Africains figurent dans le classement général, dont un dans le top 50.


Les préparatifs vont bon train pour l’édition 2014 du Forum économique Forbes Afrique, qui se tiendra le 25 juillet, à Brazzaville au Congo. Avec pour thème: «Les défis de la bancarisation: construire le modèle Africain». La Régionale qui offre un zoom sur l’actualité de demain, bien entendu, y sera pour faire partager sa vision d’un afro-optimisme de bon aloi. Mais, à deux semaines de ce rendez-vous attendu par le continent et la planète, il importe de situer nos lecteurs sur les enjeux de ce Forum qui se présente, désormais, comme déterminant pour changer le visage et l’âme de l’Afrique. Prospective journalistique.
Dans l’argumentaire du choix de cette thématique fort volontariste et, un tantinet pragmatique, le magazine étasunien affirme qu’aujourd’hui en Afrique, seule une personne sur dix est bancarisée. «Insuffisance ou irrégularité des revenus, déficit des infrastructures et des réseaux bancaires… les freins à la bancarisation africaine sont nombreux. Elle constitue pourtant un processus clé dans le développement économique et social : pour les individus en droit de sécuriser leurs avoirs et d'accompagner leurs projets de vie, pour l’État qui vit en large partie des recettes fiscales générées par les revenus de l'économie formelle, et pour l'ensemble des acteurs privés qui bénéficient directement ou indirectement d'une plus grande fluidité des échanges financiers», pose comme problématique, le news magazine économique. Dont le forum se déroulera, comme ce fut le cas les trois précédentes années, à l’auditorium du ministère congolais des Affaires étrangères et de la Coopération. Et, dans le droit fil de la pertinence au niveau de ses thèmes, à l’instar de la question énergétique en 2013, celui de cette année revêt un enjeu majeur voire vital pour l’émergence et le développement du Continent.
L’innovation, un levier indispensable
Si l’intérêt de tous converge, en effet, dans le processus de bancarisation, celui-ci demeure tributaire de deux leviers indispensables: la confiance, qui conditionne tout échange financier, et l’innovation, qui transcende les mentalités et les pratiques. Les avancées remarquables du « mobile banking » en Afrique, consacrent les bienfaits de l’innovation, et peut être la construction d’un « modèle africain », mais de nombreux obstacles restent à dépasser pour développer l’inclusion financière, et sa promesse d'une société plus cohésive, d'un développement plus équilibré.
En mettant cette année la bancarisation au cœur de son programme, en regroupant les volontés politiques et privées autour de la question, le Forum Forbes Afrique 2014 se dote d’une ambition : contribuer à construire les conditions de la confiance et de l’innovation, pour accélérer l’émergence du Continent.
État des lieux et perspectives
Au-delà des discours protocolaires avec la dizaine de chefs d’État annoncés aux côtés du Président Denis Sassou-Nguesso, ainsi qu’un panel de personnalités du monde des affaires et de la haute finance, des institutions de micro finance et des Tic, une étude menée par un pool de cabinets présentera une étude sur l’état des lieux et les perspectives de la bancarisation en Afrique.
Celle-ci s’attèlera à opérer un retour sur la définition de la bancarisation, ses conditions, ses freins et ses avantages pour l’État, le secteur privé et l’individu. Quel lien existe-t-il entre la bancarisation et le développement économique et social d’une société ? État des lieux et panorama de la bancarisation en Afrique : Existe-t-il des disparités géographiques, sociologiques ? Si oui à quoi sont-elles dues ? En quoi la bancarisation et l’accès à des services financiers, favorisent-ils le passage de l’économie informelle à l’économie formelle ?
Trois table-rondes opératoires
Trois table-rondes de haut vol ponctueront le Forum pour rendre opératoire la notion de bancarisation en Afrique, aux fins qu’elle porte l’émergence amorcée.
La première est intitulée: «Développer la confiance : quelles solutions politiques pour favoriser la bancarisation ?». La confiance sociale est la condition préalable à la bancarisation de l’Afrique: confiance des banques envers les individus, en dépit de revenus modestes ou irréguliers, confiance des individus envers les banques dont ils ne maitrisent pas toujours les codes, et enfin, confiance de tous envers l’Etat, qui doit garantir la stabilité du cadre politique et juridique, et le règlement juste et transparent des litiges commerciaux et financiers. Comment améliorer le climat des affaires et mettre en place les cadres politiques et juridiques favorables au développement de la bancarisation ? Quel type de programmes/campagnes les acteurs institutionnels peuvent-ils promouvoir pour faire évoluer les mentalités des Africains vis à vis de la banque ? Est-il possible / souhaitable / nécessaire d’harmoniser les réglementations au niveau régional ?
Table-ronde 2:«L’innovation, catalyseur de la bancarisation africaine : le cas du «mobile banking». Au sens large, le concept de « mobile banking » désigne l’ensemble des services financiers pouvant être offerts via le mobile (sur un Smartphone ou simplement par sms, avec ou sans compte bancaire). L’essor remarquable de la technologie cellulaire en Afrique et le développement conjoint d’applications bancaires innovantes, ont fait du téléphone mobile un puissant instrument d’inclusion financière des populations ; car il permet de palier à la fois le déficit d’infrastructure et des réseaux bancaires et l’irrégularité des revenus des particuliers (commission faibles, à la transaction).La guerre fait rage entre les opérateurs télécoms, -car le « mobile banking » fidélise les clients tout en participant à l’image sociale de l’opérateur, mais également entre les banques et les opérateurs qui se substituent à elles…
Comment ces solutions sont-elles en train de révolutionner les pratiques financières en Afrique ? Les opérateurs vont ils se substituer aux banques ? Y a-t-il des limites au modèle «mobile banking» ? Quid de l’interconnexion des systèmes ? L’Afrique évolue-t-elle vers une bancarisation « parallèle » au système bancaire ?
La Table-ronde 3 portera sur l’item «Bancarisation et financement d’entreprise : un modèle africain en construction ?». Parmi les principales raisons d’ouvrir un compte bancaire en Afrique, on trouve le besoin d’emprunt pour répondre à des situations d’urgences personnelles. Pour créer leur petite et moyenne entreprise, les africains ont encore très souvent recours aux financements traditionnels informels (solidarité familiale, tontines etc.), aux instituts de micro-crédit qui ont su développer des programmes adaptés à l’échelle et au profil de risque des projets de ces nouveaux clients ; ou pour les projets de plus grande envergure, aux fonds d’investissement, de plus en plus nombreux à se spécialiser sur l’Afrique.
Les banques n’ont-elles pas vocation, en Afrique comme ailleurs, à investir le créneau du financement d’entreprise? Quelles solutions bancaires développer alors pour coller aux profils des projets entrepreneuriaux en Afrique ? Et inversement comment faire basculer dans l’économie formelle les systèmes solidaires traditionnels ? Quel rôle les instituts de micro-crédits peuvent-ils jouer pour faciliter la bancarisation de leurs clients ? Quel rôle pour les fonds d’investissement, de plus en plus nombreux à se spécialiser sur l’Afrique ?
Des 23 milliardaires africains !
In fine, le Forum Forbes Afrique vise à être un incubateur de richesses, globale, sociale, individuelle. Ainsi, comme c’est le cas depuis 2011, le magazine Forbes publie, chaque année, en mars, le classement et la liste des plus riches au monde. Au total, 23 Africains figurent dans le classement général, dont un dans le top 50.
Le Nigérian Aliko Dangote occupe la 23e place de ce classement. Sa fortune est estimée à 25 milliards de dollars. Trois autres Nigérians figurent dans le classement général, dont une femme : Folorunsho Alakija (2,5 milliards de dollars). La femme la plus riche d’Afrique et l’investisseuse angolaise Isabel Dos Santos, à la tête de 3,7 milliards de dollars.
 En Afrique du Nord, le plus riche est l’Egyptien Nassef Sawiris, le PDG d’Orascom Construction Industrie. Classé à la 205e place du classement général, il dispose d’une fortune estimée à 6,7 milliards de dollars. Il est suivi par l’industriel Issad Redrab, PDG du groupe Cevital et dont la fortune s’élève à 3,2 milliards de dollars. Il est suivi par le marocain Othman Benjelloun dont la fortune est estimée à 2,8 milliards de dollars.
La première place du peloton revient à Bill Gates qui est redevenu, après 4 ans d’absence, l’homme le plus riche au monde, avec une fortune estimée à 76 milliards de dollars. Le roi mexicain (d’origine libanaise) des télécommunications, Carlos Slim, qui retourne à la 2e place avec ses 72 milliards de dollars.
La Régionale / ADAM SHALOM

France : Amina Sboui, la militante tunisienne, agressée à Paris


Amina Sboui, la militante féministe tunisienne, a été victime d’agression dimanche matin à l'aube. Ce forfait d’une rare violence est le fait des extrémistes religieux à Paris. Ses agresseurs lui ont rasé les sourcils et une partie du crâne avant de la laisser partir.
La jeune militante féministe Amina Sboui, 19 ans, connue comme la première "Femen tunisienne", a été violemment agressée dimanche 6 juillet à l'aube près de la place de Clichy, à Paris.
Dans une publication postée sur sa page Facebook, elle affirme que "cinq individus l'ont obligée à sortir du métro" vers 5 heures du matin. Les hommes, des musulmans radicaux, l'ont alors traité de "sale pute" et affirmé qu'elle "ne méritait pas la beauté qu'Allah lui avait donné". Ils lui ont ensuite rasé les sourcils et une partie du crâne. Amina a finalement réussi à partir après qu'elle a juré qu'elle allait lire le Coran. 

Jef Amann/La Régionale.com